Mp1 Point2 France Actu Squid Game : Netflix enterre Fincher et lorgne vers la France

Squid Game : Netflix enterre Fincher et lorgne vers la France

Bon, je viens de passer ma soirée à lire à peu près tout ce qui s’est écrit sur la fin de saison de Squid Game et sur ce que la plateforme rouge nous mijote derrière, et honnêtement je ressors de là avec une impression bizarre : Netflix ne sait pas trop quoi faire de sa poule aux œufs d’or. Enfin si, ils veulent la traire encore un peu, mais le comment reste flou. Entre le spin-off américain de David Fincher qui vient de sauter, une rumeur de version française qui remonte à la surface, et une téléréalité qui pousse le concept encore plus loin dans le glauque, y’a de quoi se poser des questions sur la direction que prend tout ça — un peu comme ces entreprises dont le chiffre d’affaires chute malgré la réduction des coûts, Netflix semble chercher à optimiser sans vraiment savoir où aller.

Commençons par le morceau qui fait mal (surtout pour les fans du bonhomme) : le fameux Squid Game: America porté par David Fincher, c’est mort. Officiellement annulé. Fincher aux commandes d’un truc pareil, franchement, ça sentait la bonne pioche — le mec a un sens du malaise et de la précision maladive qui collait pile au ton de la série originale. Tu imagines une seconde le rendu visuel qu’il aurait pu sortir ? Bref, ça se fera pas, et les raisons officielles sont floues comme il faut, entre désaccords créatifs et probablement des histoires de budget qui explosait (parce que Fincher, c’est jamais donné). Pas ouf comme nouvelle quand tu attendais ce projet depuis des mois. Et pendant que je zappais entre les articles, je suis tombé sur une pub pour le jeu de pince Lucky Ducky, ce qui m’a fait sourire parce que voilà, le contraste entre l’univers ultra-violent de Squid Game et un truc mignon avec des canards, c’est quand même l’illustration parfaite de ce que la pop culture peut produire en même temps.

Mais du coup, Netflix ne reste pas les bras croisés. Selon plusieurs sources qui remontent depuis quelques jours, la plateforme préparerait une version française. Oui, française. Genre chez nous. Avec des joueurs français, probablement une esthétique adaptée, et là je te vois venir : est-ce que ça peut marcher ?

Perso, j’ai des doutes. Pas parce que la France ne saurait pas faire (on a Lupin, on a Le Bureau des Légendes, on sait raconter des histoires), mais parce que le truc c’est que Squid Game marchait justement parce que c’était ancré dans une critique très spécifique du capitalisme sud-coréen, avec ses codes visuels à lui, ses jeux d’enfance à lui, sa violence sociale à lui. Transposer ça à la sauce baguette, ça peut donner un truc génial (si les scénaristes s’approprient vraiment les problématiques françaises — précarité, dettes étudiantes, banlieues, choisis ton angle) ou un remake plan-plan qui pue le cahier des charges Netflix à plein nez. Le pari est risqué.

Et puis y’a l’autre truc qui débarque, et là je sais pas comment le prendre : une téléréalité inspirée de Squid Game, encore une, mais celle-ci pousse le curseur plus loin dans le malaise. Des candidats bien réels, des jeux dérivés de ceux de la série, et un concept qui joue franchement avec les limites du bon goût. On avait déjà eu Squid Game: The Challenge qui, bon, se laissait regarder même si le fond éthique était limite. Là, apparemment, on monte d’un cran dans le voyeurisme.

C’est marrant (enfin, marrant, façon de parler) parce que la série originale critiquait EXACTEMENT ce genre de dispositif. Des riches qui regardent des pauvres se battre pour du fric. Et l’industrie du divertissement répond par… la même chose, mais en vrai. Y’a une ironie tellement épaisse qu’on pourrait la couper au couteau.

Ce qui me frappe dans toute cette histoire, c’est à quel point Netflix semble tâtonner. Ils ont sorti une saison 2 qui a divisé, une saison 3 qui a clos l’arc principal, et maintenant ils cherchent visiblement à étendre l’univers dans plein de directions en même temps sans savoir laquelle va prendre. Spin-off, remake international, téléréalité, produits dérivés (les masques verts, les survêtements roses, tu les as vus partout l’année dernière). C’est du franchising à l’américaine appliqué à un truc qui, à la base, était une œuvre d’auteur coréenne assez frontalement anti-consumériste.

Et pendant ce temps, Hwang Dong-hyuk (le créateur original) semble avoir pris ses distances avec toute cette extension d’univers. On le comprend.

Le vrai test pour moi ce sera la version française, si elle voit le jour. Si les scénaristes ont le cran de s’approprier le concept plutôt que de faire un copier-coller localisé, ça peut donner quelque chose de fort. Sinon, on aura juste une preuve de plus que les grandes plateformes ne savent plus quoi faire des idées originales à part les décliner jusqu’à l’épuisement.

Reste à voir qui va accepter de porter ce projet côté français. Parce que le cadeau est un peu empoisonné : soit tu fais mieux que l’original (impossible), soit tu te fais démonter en comparaison. Bon courage à celui ou celle qui signe.

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